Posté le 28.07.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/22/nouveau-record-historique-de-detenus-dans-les-prisons-francaises_1076106_3224.html
Record historique de détenus dans les prisons françaises
LE MONDE
23.07.08
La surpopulation carcérale en France va de record en record. Le nombre de détenus dans les prisons a atteint, ce mois-ci, 64 250 personnes pour 50 806 places, ce qui constitue une hausse de 0,6 % par rapport au mois précédent, a annoncé l'administration pénitentiaire dans un communiqué.
Au cours des sept dernières années, le nombre de détenus a augmenté de 42 %, une "hyper-inflation" qui devrait se confirmer au cours de la prochaine décennie, comme l'explique Patrick Marest, porte-parole de l'Observatoire international des prisons :
En France, le taux de surpopulation atteint 126 %. Six prisons sur dix sont surpeuplées. Mais les plus touchées sont les maisons d'arrêt où sont incarcérées les personnes en attente de jugement et les "courtes peines", déplore Patrick Marest :
Afin de désengorger les prisons, la garde des sceaux, Rachida Dati, devrait présenter à l'automne son projet de loi pénitentiaire. Ce texte vise à développer les bracelets électroniques et l'assignation à résidence des personnes en détention provisoire et des courtes peines. Malgré quelques mesures intéressantes, Christophe Marquès, numéro un de FO-Pénitentiaire, craint que ce projet de loi ne soit pas suffisant pour effacer des décennies de politique carcérale défaillante :
Plus critique, Patrick Marest estime que la France doit rompre avec sa tradition du tout carcéral pour s'inspirer des pays scandinaves, qui privilégient de plus en plus les peines de substitution :
Soren Seelow
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Posté le 28.07.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/23/le-fichier-edvige-inquiete-les-associations-de-defense-des-droits-des-homosexuels_1076145_3224.html
Le fichier Edvige inquiète les associations de défense des droits des homosexuels
LE MONDE
23.07.08
Depuis sa parution au Journal officiel, le 1er juillet, le fichier Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) a suscité l'indignation d'associations, de syndicats et de la gauche. Plus de 40 000 personnes et près de 300 organisations ont déjà signé la pétition Pour obtenir l'abandon du fichier Edvige, en ligne depuis le 10 juillet.
En cause : le registre étendu de ce fichier, qui sera géré par la direction centrale de la sécurité publique, reprenant une partie des attributions des anciens renseignements généraux. Comme le précise le décret officialisant sa création, il permettra de recenser, dès 13 ans, des personnes jugées "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", et de centraliser des informations sur des personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique, ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".
ÉTAT DE SANTÉ ET VIE SEXUELLE
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a émis des réserves sur deux aspects controversés du fichier : la possibilité de collecter des informations relatives aux mineurs de 13 ans et plus, et la possibilité de collecter des informations relatives aux origines ethniques, à la santé ou à la vie sexuelle des personnes.
Car si le décret ne contient pas les expressions "santé" et "vie sexuelle", son article 2 précise que "le traitement peut, [à titre exceptionnel], enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978". Des données qui incluent l'origine ethnique, la santé et la vie sexuelle des individus fichés. Interrogé par le magazine Têtu, le porte-parole du ministère de l'intérieur, Gérard Gachet, a récemment justifié la collecte de ces informations en expliquant que "leur mention n'est autorisée que pour un besoin incident lié à une activité". Un argument qui laisse perplexe Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans). "On peut être militant dans une association de défense des droits des homosexuels sans l'être soi-même, s'exclame-t-il. Relier ainsi des éléments de la vie privée à un militantisme public, c'est complètement archaïque !"
"LES POLICIERS EUX-MÊMES SONT SURPRIS"
Vingt-quatre organisations de défense des droits des gays et lesbiennes et de lutte contre le sida ont saisi la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité à ce sujet. Ces associations mettent collectivement en avant les "risques de comportements discriminatoires qu'entraînerait la constitution de ce fichier" policier.
"La génération qui m'a précédé s'est battue, dans les années 1970 et 1980, pour supprimer les fichiers d'homosexuels détenus dans les préfectures, et là on réintroduit dans un fichier de police la vie sexuelle comme critère. Cela va à contre-courant de quarante ans d'évolution du droit. C'est tout à fait insupportable", s'émeut Alain Piriou. Et de souligner que la collecte de telles informations remet en question le décret du 4 janvier 1991, qui ne prévoyait aucune collecte d'informations relatives à l'orientation sexuelle ou à l'état de santé des individus. "Les policiers eux-mêmes sont surpris, et se demandent à quoi cette mesure va leur servir", poursuit M. Piriou.
L'association GayLib, qui représente les homosexuels de l'UMP, a également exprimé son inquiétude eu égard à la collecte de ces données dites "sensibles". "Nous aimerions qu'on nous explique en quoi ces informations sont utiles à la préservation de l'ordre public et au maintien de la sûreté de l'Etat", explique un responsable de l'association. Vendredi, GayLib a demandé la "suspension" de ce nouveau fichier policier, dans l'attente d'explications de la part du ministère de l'intérieur.
RECOURS DEVANT LE CONSEIL D'ÉTAT
Face à la levée de boucliers des associations, Alain Piriou estime possible un recul du ministère sur ces points précis. "Pour le fichier opérationnel Ardoise, le ministère de l'intérieur a reconnu que de telles informations n'étaient pas forcément utiles. On a ainsi évité un fichage des victimes. Si Michèle Alliot-Marie entend raison sur le fichier de renseignement Edvige comme elle a entendu raison sur le fichier Ardoise, il n'y a aucune raison de penser qu'elle ne modifiera pas ce décret, pour en supprimer ces critères très subjectifs."
Mais pour la plupart des opposants au fichier Edvige, la bataille à mener est plus globale. Sept syndicats ainsi que la Ligue des droits de l'homme ont d'ailleurs annoncé qu'ils déposeraient à la rentrée un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation pure et simple du décret gouvernemental. Une action à laquelle l'Inter-LGBT devrait se joindre dans les prochains jours.
Chine Labbé
Posté le 28.07.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/07/14/racisme-ordinaire-dans-l-ain_1073187_3246.html
Racisme ordinaire dans l'Ain
LE MONDE
14.07.08
La scène a eu lieu dans la soirée du 12 juillet, à l'issue du concert de trio 3MA, près des Halles anciennes de Châtillon-sur-Chalaronne, une ville de 5 179 habitants, située à proximité des monts du Beaujolais. Le concert est organisée par les Temps chauds, beau festival de musiques du monde, donc venues d'ailleurs, qui a lieu dans plusieurs villes du département de l'Ain (voir le compte-rendu). Ce soir-là, le public est constitué de jeunes gens, de familles curieuses, attentives et enthousiastes. Mais deux hommes qui ne sont pas des gamins, habitant dans une rue proche, apprendra-t-on plus tard, manifestent bruyamment dédain et mépris pour les musiciens sur scène. Des réflexions xénophobes fusent. Ils rigolent, se moquent, peu satisfaits de devoir subir ces "gens-là" - des musiciens africains - jusque sous leurs fenêtres.
Des spectateurs assis à proximité des perturbateurs leur demandent de se taire. Les visages se renfrognent. Les bras se croisent sur la poitrine en une attitude de défi. Le regard d'un des deux individus croise celui d'un spectateur, debout à proximité, qui s'entend dire d'une voix haineuse "Pourquoi tu me regardes, toi ?" Ledit spectateur reçoit immédiatement un violent coup de poing sur la mâchoire asséné par le second individu, suivi quelques secondes après par un coup de tête encore plus violent, du premier. Le spectateur agressé, la bouche en sang, ose quelques mots : "Pourquoi cela, qu'est-ce que vous faites ici ?" La réponse jaillit : "Nous, on est chez nous ici, toi retourne chez toi." Le spectateur a le tort d'avoir la peau un peu trop mate.
Evacué sous la tente de la Croix-Rouge pour y recevoir des soins, il revient un quart d'heure plus tard pour rejoindre des amis sur les lieux de l'agression. Là, il est surpris d'y trouver les deux agresseurs en conversation au milieu d'un groupe de personnes, dont le maire (UMP) de la commune, Yves Clayette, élu lors des dernières élections municipales, en mars. Gérard Arnaud, journaliste présent pour la revue Africultures, entend le maire rassurer les agresseurs : "N'ayez crainte, il n'y aura aucune conséquence." Tutoiement de connivence, poignée de main à monsieur le maire, entouré de sa police municipale. Les deux tristes sires prennent congé sans être inquiétés. Une plainte est déposée. Laurent Guigon, président de l'association productrice du festival et correspondant local du Monde, qui juge les faits "inqualifiables", annonce que celle-ci se porterait partie civile. Plusieurs personnes présentes se déclarent prêtes à témoigner. Le journal Le Monde, qui n'a pu joindre le maire, a aussi l'intention de s'associer à la plainte pour une agression subie par un de ses collaborateurs, signataire de ces lignes.
Patrick Labesse
Posté le 28.07.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/07/09/france-televisions-a-coeurs-ouverts_1068098_3236.html#ens_id=1047902
France Télévisions, dans l'oeil du cyclone
09.07.08
AFP/JACK GUEZ
Le siège social de France Télévisions à Paris.
Ici, même la colère est bien élevée. Pas de graffitis sur les murs, pas de slogans gouailleurs qui viendraient écorcher les hautes parois de verre. On trouve bien, en passant, griffonné sur le béton, dans un bureau de la rédaction de France 2, ce proverbe à la Desproges : "Il vaut mieux être belle et rebelle, que moche et remoche." Ou encore, dans les couloirs de France 3, ces quelques affichettes "Casse-toi, pauvre con !", remake de la fameuse invective présidentielle du Salon de l'agriculture, scotchées à l'occasion de la visite éclair de Nicolas Sarkozy dans les locaux de France Télévisions le 30 juin. Mais tout cela reste de bon ton. La grande maison sait se tenir. En pleine tempête, elle sourit et bourdonne comme si de rien n'était.
Tempête ? Dès le 1er janvier 2009, il n'y aura plus de publicité, à partir de 20 heures, sur les chaînes du service public. Et il n'y en aura plus du tout, ni la nuit ni le jour, à la fin 2011. Ainsi en a décidé le chef de l'Etat, officiellement soucieux de voir l'audiovisuel public "faire la différence" avec les chaînes privées. Aux patrons concernés de se débrouiller pour pallier le manque à gagner - estimé à 450 millions d'euros la première année. Car la suppression des recettes publicitaires ne sera pas compensée par les deux nouvelles taxes qu'il est prévu de prélever sur les chaînes de télévision privées et les opérateurs des télécoms et d'Internet. Si tant est que ceux-ci jouent le jeu. Et que le Parlement, le Conseil constitutionnel et Bruxelles donnent leur feu vert.
"Faire financer une entreprise par une autre entreprise : économiquement, c'est étrange, non ?", fait mine de s'étonner la journaliste Agnès Molinier, chef du service économie et social sur France 2, qui vient d'être élue présidente de la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne nationale publique. "On ne sait pas où on va, puisqu'on ignore désormais quel budget on aura, déplore la présentatrice de France 3, Audrey Pulvar. Je veux continuer à penser qu'il n'y a pas de plan de casse délibéré. Ce qui est sûr, c'est que la machine est lancée et pas dans les meilleures conditions... Personne ne doit se sentir à l'abri. " La journaliste vient du privé et sait de quoi elle parle. "Une chaîne de service public fait des choix de programmation qu'on ne fait pas ailleurs. On fait une télévision ni élitiste ni bas de gamme : une télévision intelligente, destinée à toucher tous les publics", plaide la jeune femme.
"Un moment, on s'est dit : mais pourquoi ils ne nous aiment pas ? On n'est pas un vieux machin à l'ancienne !, renchérit Agnès Molinier. On a un public. "Thalassa" a un public. "Envoyé spécial" a un public. "Un oeil sur la planète" a un public. Ils ne regardent pas la télé ou quoi ? On est prêts à se réformer, bien sûr ! Mais on n'a pas envie de finir en télé low cost ! Ni d'être dépendants économiquement et politiquement. On ne veut pas devenir des mendiants qui vont manger dans la main de tout le monde !"
A la suppression de la publicité, brutalement annoncée par le président Sarkozy le 8 janvier, s'est ajoutée une autre décision, plus directement politique celle-ci : le patron de France Télévisions sera, à l'avenir, nommé directement par l'Elysée, "après avis conforme" du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ainsi en a également décidé le chef de l'Etat, le 25 juin, après la remise par Jean-François Copé du rapport sur la nouvelle télévision publique. A gauche, c'est le tollé, on crie au loup et au "retour à l'ORTF". A droite, c'est le début de la zizanie.
Tandis que le député (UMP) Hervé Mariton estime que "cette réforme de la télé publique n'est ni une urgence ni une demande des Français", Patrick de Carolis, le patron de France Télévisions, menace : "Je ne porterai pas un projet sous-financé, j'en tirerai toutes les conséquences." Mieux (ou pire), après que Nicolas Sarkozy s'est plaint, le 30 juin, que "les programmes de France Télévisions ressemblent encore trop à ceux d'une chaîne privée", Patrick de Carolis a répliqué qu'il trouvait ce type de jugement "faux", "stupide" et "injuste". Cerise sur le gâteau : selon les résultats d'une enquête CSA-Le Parisien, publiés dimanche 6 juillet, 71 % des Français sont hostiles à la nomination du patron de France Télévisions par le président de la République ; et les deux tiers d'entre eux assurent qu'ils ne sont "pas d'accord" avec la suppression de la publicité. Si l'été s'annonce morose, l'automne promet d'être chaud - et probablement agité dans les rangs de l'UMP : un projet de loi devrait être voté fin septembre, les députés étant censés apporter leur blanc-seing aux desiderata présidentiels.
"C'est en face qu'on fait montre de fébrilité. Le sang-froid et la solidité sont plutôt de notre côté. On est des pros", souligne David Pujadas qui se dit "inquiet, mais pas forcément pessimiste" après ces coups de tonnerre successifs. "On gamberge, on discute dans les couloirs, mais, dans l'ensemble, la rédaction n'est pas trop perturbée", assure le présentateur de France 2. Que la maison soit "en effervescence", alors que la chaîne - particulièrement l'information - "ne s'est jamais aussi bien portée", n'est pas le moindre des "paradoxes", relève-t-il.
En ce début juillet, ce ne sont pas le travail ni l'énergie qui manquent. "Dix minutes après la libération d'Ingrid Betancourt, on était à l'antenne : 80 personnes sur le pont ! On a arrêté tous les programmes pour couvrir l'événement", renchérit Paul Nahon. "France 3 est décriée, considérée comme le canard boiteux de l'audiovisuel, elle ne le mérite pas. C'est une boîte formidable. La réforme, tout le monde y est prêt. Mais pas le suicide", ajoute le directeur de l'information de la "chaîne des régions".
"La refonte du 19/20 était sur les rails, mais elle a été "gelée" par l'annonce du 8 janvier. Du coup, on a dû se contenter de changer le décor. Toutes les réformes en cours, visant à rénover la chaîne, ont été suspendues", regrette le journaliste Bertrand Boyer, président de la SDJ de la rédaction nationale de France 3. Une fois n'est pas coutume, les SDJ de France 2 et France 3 ont signé un texte commun, paru dans le quotidien Libération du 1er juillet, intitulé "Ni pub mais soumise". Tout un programme (de télé)...
Si "plan de casse" il y a, les premiers touchés seront les quelque 320 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions. Mais aussi les intermittents, corvéables et licenciables à merci. Ils sont loués à la journée à des prestataires de service, ou directement par les chaînes, avec des CDD (contrat à durée déterminée) d'une semaine, parfois un peu plus. Certains travaillent ainsi, en toute précarité, depuis cinq, dix, vingt ans... "Ces gamins en CDD seront les premiers fusibles", prédit Roland Madura, preneur de son et délégué du comité d'entreprise de France 2. Lui-même, entré à l'ORTF en 1972, a vu les équipes de reportage fondre comme neige au soleil, au fil des années, des évolutions technologiques et des trains d'économies. "Au début de l'ORTF, on était cinq (à partir pour un reportage) : le chauffeur, le rédacteur, le cameraman, le preneur de son et l'éclairagiste", se rappelle-t-il. Aujourd'hui, les équipes se réduisent à trois, maximum : rédacteur, cameraman et preneur de son - ce dernier, "le plus fragile du lot", étant de plus en plus sacrifié.
"Cette crise, pour nous, c'est un danger mortel", souligne Roland Madura - qui fit partie de l'équipe de France 2 enlevée sur l'île philippine de Jolo en 2000 et n'a pas vraiment le profil d'un rentier du service public. "On m'avait proposé d'aller à TF1, j'ai refusé", explique-t-il. Il n'est pas le seul. "J'ai préféré France 2 (on disait Antenne 2 à l'époque), qui est restée une chaîne jeune, avec une bonne qualité de l'image et de l'information. Quitte à être payé 30 % à 40 % moins cher", précise Frédéric Bazille, cameraman. Employé par la "télé publique" depuis vingt ans, lui aussi se désole de voir cette dernière "sacrifiée sur l'autel du privé". Car les recettes publicitaires, perdues par France Télévisions, sont une aubaine inespérée pour les chaînes privées : "Voilà qu'on se retrouve à "sauver le soldat TF1", c'est un comble !", s'indigne le cameraman.
"La suppression de la pub, c'est presque une agression physique, on a le sentiment d'une trahison : notre propre actionnaire, l'Etat, nous casse les pattes - non pas pour faire du profit, mais pour aider la concurrence privée", s'indigne Philippe Goldmann, monteur à France 2. "Au fond, ce que veut l'Elysée, c'est assécher financièrement le groupe pour qu'il s'automutile : France Télévisions va devoir couper lui-même les branches, évitant au gouvernement de se salir les mains", assure sous le couvert de l'anonymat un salarié de France 3.
"Les gens n'ont que ça dans le crâne : la crainte d'un plan social", confirme le journaliste Gérard Grizbec, ancien correspondant de France 2 à Rome. "Mutualiser les chaînes publiques et fusionner, pourquoi pas, les rédactions de France 2 et France 3, mais ça conduirait immanquablement à des purges", s'inquiète-t-il. On n'en est pas là. Mais beaucoup y songent avec angoisse. Rendez-vous à l'automne ? Comme dit le proverbe, "mieux vaut être belle et rebelle..."
Posté le 03.07.2008 par cinqansdereflexions
[url]http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias/medias__pouvoirs/20080701.OBS091
1/france3_condamne_la_diffusion_du_off__de_sarkozy_et_lan.html[/url]
France 3 condamne la diffusion du "off " de Sarkozy et lance une enquête
NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 10:41
Quelques minutes avant son intervention télévisée dans le 19/20, lundi soir, le président s'est plaint de l'accueil qui lui était réservé: "On n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants!" Puis il menace : "Ça va changer, là.". La vidéo a déjà été visionnée 300.000 fois.
La direction générale de France 3 a condamné "avec la plus grande fermeté" la diffusion sur internet des images tournées avant le début de l'édition spéciale du 19/20 lundi avec Nicolas Sarkozy et a lancé une enquête interne, a annoncé mardi 1er juillet la chaîne.
"France 3 condamne avec la plus grande fermeté le piratage des images tournées pendant la mise en place de l'édition spéciale du 19/20 qui recevait hier le Président de la République", indique la chaîne publique dans un communiqué. "La direction générale de France 3 a lancé une enquête interne pour déterminer comment les images ont pu sortir de France Télévisions", a-t-elle ajouté.
Plaintes du président
La vidéo tournée quelques minutes avant l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy sur France-3, lundi , montre le président de la République patientant dans une ambiance glaciale. Elle avait été visionnée plus de 300.000 fois sur internet mardi en milieu de journée. Installé sur le plateau du 19/20, Nicolas Sarkozy se trouve face aux journalistes Audrey Pulvar, Véronique Auger et Gérard Leclerc, ainsi que Paul Nahon, le directeur de l'information de France-3.
La vidéo montre un technicien régler les micros du président, qui le salue. Le technicien ne répond pas. Ce qui agace Nicolas Sarkozy. Le président commence par se plaindre: "C'est une question d'éducation. Enfin, quand on est invité, on a le droit que les gens vous disent bonjour quand même... Ou alors on n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants... Incroyable... Et grave!" Puis il menace : "Ça va changer, là."
"T'es resté combien de temps au placard ?"
Nicolas Sarkozy ironise ensuite sur la "placardisation" du journaliste Gérard Leclerc: "T'es resté combien de temps au placard?", lui demande-t-il ? "J'avais protesté quand tu avais été mis au placard", affirme-t-il. Gérard Leclerc est l'un des signataires, avec d'autres journalistes et présentateurs de France-3, d'une tribune critique envers la réforme de l'audiovisuel voulue par le président.
Très nerveux, Nicolas Sarkozy s'agite sur sa chaise et consulte régulièrement sa montre. Juste avant que l'émission ne commence, il insiste pour être interrogé sur son déplacement du jour: "Vous voulez pas poser une question sur Carcassonne?" Paul Nahon répond par l'affirmative, et donne un ordre dans son micro: "Donc on parlera de Carcassonne avec le Président après, hein? Yes! Parfait!"
Sans doute Nicolas Sarkozy a-t-il été agacé par la manifestation, rassemblant plusieurs centaines de salariés de la chaîne publique, qui l'attendait à l'entrée de France-3, avec pour slogans: "hold up sur le service public" et "plus belle la vie sans Sarkozy".
La réforme de l'audiovisuel public inquiète les salariés de France Télévisions. Ils considèrent notamment que la suppression de la publicité n'est pas compensée par des garanties sur le financement. Dans ce contexte, la venue de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France-3 -ce qui est très rare pour un président de la République- a été vécue par nombre de journalistes comme une provocation.
Posté le 03.07.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/07/02/france-televisions-nous-n-avons-pas-les-moyens-de-nos-ambitions-futures_1065246_3236.html#ens_id=1047902
Pour Patrick de Carolis, "le compte n'y est pas"
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 02.07.08
Le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, entre en résistance après le projet de réforme de l'audiovisuel public proposé par Nicolas Sarkozy. Il s'interroge notamment sur le financement de la suppression de la publicité :"J'estime aujourd'hui, d'après les déclarations des uns et des autres, que le compte n'y est pas, j'estime aujourd'hui que nous n'avons pas les moyens de nos ambitions futures", a-t-il expliqué, mercredi 2 juillet, sur RTL.
"J'espère qu'il y aura l'équilibre financier. L'équilibre financier est absolument nécessaire pour la bonne marche de l'entreprise", a-t-il souligné, alors que la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, l'a chargé de mettre au point un plan d'affaires pour compenser un manque à gagner évalué à 450 millions d'euros. "Nous allons faire ce plan d'affaires. Je vais y mettre toute mon énergie, tout mon professionnalisme, nous allons travailler avec les services de l'Etat que je respecte", a déclaré Patrick de Carolis. L'Elysée préconise une taxe de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms et fournisseurs d'accès à Internet pour financer la télévision publique – au lieu du 0,5 % recommandé par la commission Copé. "A la fin de l'été, courant septembre [une fois que le projet de loi aura été rédigé], nous verrons si le compte y est", a expliqué M. de Carolis. Il prévient également qu'il "prendra ses responsabilités" s'il juge insuffisant le budget 2009.
DÉFENSE DE LA QUALITÉ DES ÉMISSIONS DU SERVICE PUBLIC
Nicolas Sarkozy a justifié, lundi sur France 3, son projet de suppression de la publicité à la télévision publique par la nécessité de la libérer de la "tyrannie de la publicité" afin d'améliorer la qualité de ses programmes, selon lui trop proches de ceux des chaînes privées. Interrogé sur ce qu'il pensait de ce jugement, M. de Carolis a déclaré : "Pas du bien. Je ne suis pas d'accord avec lui. Je le lui ai dit d'ailleurs, on s'est expliqués très franchement." "Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste", a-t-il ajouté.
"Depuis trois ans avec [le directeur général] Patrice Duhamel, avec les équipes de France Télévisions, nous nous efforçons de faire une télévision respectable et j'entends qu'elle soit respectée", a-t-il martelé, ajoutant qu'il était "bon qu'on laisse travailler les professionnels". Il a ajouté vouloir défendre des collaborateurs "inquiets pour leur avenir, à juste titre".
Le président de France Télévisions a cependant "salué le travail de la commission Copé et certaines de ses préconisations" ainsi que "certaines pistes qu'avait retenues le président de la République", dont celle concernant la création d'une entreprise unique. Alors que Nicolas Sarkozy a qualifié d'"hypocrisie totale" le système actuel de nomination du président de France Télévisions par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, M. de Carolis s'est dit "très fier d'avoir été élu" par le CSA, affirmant avoir été désigné alors que l'Elysée, Matignon et le ministre de la culture de l'époque "ne le soutenaient pas".
Posté le 15.04.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/15/logiciel-de-la-police-un-collectif-contre-l-homophobie-saisit-la-halde-et-la-cnil_1034327_3224.html
Logiciel de la police : un collectif contre l'homophobie saisit la Halde et la CNILLEMONDE.FR avec AFP | 15.04.08
Le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits a saisi, lundi 14 avril, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) afin de s'opposer à la mise en œuvre par le ministère de l'intérieur d'un logiciel qu'il juge litigieux. Ce logiciel, baptisé "Ardoise", permettrait d'entrer des renseignements personnels sur tout individu ayant un contact avec la police ou la gendarmerie dans une procédure, que cette personne soit "entendue comme victime, témoin ou auteur", s'inquiète le collectif dont le siège est à Montpellier.
Ainsi, selon le collectif, un policier ou un gendarme pourraient "préciser dans la rubrique 'état de la personne' les informations suivantes : homosexuel, transexuel, handicapé, sans domicile fixe (...) ou permanent syndical" dans ce logiciel, qui en est encore au stade de projet. "La saisie de ces informations a vocation à établir une fiche profilée de chaque personne ayant un contact avec la police dans le cadre d'une procédure", assure-t-il. Cette fiche serait "consultable sur tout le territoire national par les forces de l'ordre (...) à chaque fois que cette personne aurait à faire à elles".
Le collectif se montre "particulièrement inquiet" face"au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre". "Nous n'accepterons pas que [la ministre de l'intérieur] Michèle Alliot-Marie autorise l'utilisation de ce logiciel car il peut donner lieu à des dérives de sinistre mémoire", écrit-il. Le logiciel Ardoise remplacerait le logiciel de rédaction de procédure (LRP) et celui de traitement des infractions constatées (STIC), précise le collectif, qui a aussi saisi la Commission nationale consultative des droits de l'homme.
Posté le 18.03.2008 par cinqansdereflexions
http://www.europe1.fr/informations/articles/835085/polemique-autour-d-un-livre-creationniste-dans-les-lycees.html
Polémique autour d'un livre créationniste dans les lycées
mardi 18 mars 2008 08h45
C'est une information Europe 1. Certains chefs d'établissement, ou documentalistes de l'éducation nationale, ont reçu ces derniers jours un livre qui les laisse perplexes - voire provoque leur colère - un livre à tendance créationniste. Les créationnistes affirment que Dieu a créé l'homme et remettent en cause la théorie de l'évolution, la théorie de Darwin. Et dans cet ouvrage, c'est haro sur les homosexuels sous couvert scientifique.
'est un beau livre, grand format, 260 pages... Une compilation d'articles et de réflexions un peu austère, reconnaît l'éditeur spécialisé dans les ouvrages religieux. Mais une façon, il le dit lui-même, de répandre la bonne parole. Le livre s'appelle "Homme et Femme il les créa". Le même titre qu'un livre de Jean-Paul 2... La note qui accompagne l'ouvrage explique la démarche des auteurs : ils sont inquiets face à ce qu'ils appellent la propagande en faveur du mariage et de l'adoption par les homosexuels... De quoi irriter le principal syndicat des proviseurs, le SNPDEN.
Des livres sectaires, tendancieux, créationnistes, les lycées en voient arriver, de temps en temps, qui avancent plus ou moins masqués, l'an dernier, un livre créationniste musulman avait fait grand bruit. Le ministère avait réagi pour qu'on ne l'utilise pas. Quant à celui-ci, sorti il y a un mois, il a déjà été envoyé discrètement à des centaines de lycées.
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Eclairages ???
Posté le 20.05.2007 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-911336@51-911448,0.html
LE MONDE | 17.05.07 | 15h40 • Mis à jour le 17.05.07 | 15h40
Condamné pour homophobie, M. Vanneste candidat UMP-CNI aux législatives
le député (UMP) du Nord Christian Vanneste sera candidat aux législatives sous l'étiquette CNI-UMP. Le 25 janvier, cet élu avait été condamné pour "injures homophobes" par la cour d'appel de Douai. En janvier 2005, quelques semaines après la promulgation de la loi réprimant les propos injurieux ou diffamatoires "en raison de l'orientation sexuelle", il avait déclaré à La Voix du Nord que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité". "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité", justifiait-il.
Dix jours plus tard, cet ancien professeur de philosophie qui s'était fait connaître en rédigeant un amendement contesté sur le rôle "positif" de la colonisation précisait dans Nord Eclair : "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement." La cour d'appel avait condamné M. Vanneste à 3 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages-intérêts en soulignant que l'élu avait "manifesté de manière outrageante son intolérance". "Il s'agit d'une présentation tendancieuse de l'homosexualité qui était de nature à susciter chez les lecteurs des réactions de rejet", soulignaient les juges.
Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy, alors président de l'UMP, avait pris ses distances avec Christian Vanneste. Cet élu ne "sera pas réinvesti aux législatives", avait-il assuré dans un entretien au Figaro.
Voilà donc M. Sarkozy contredit. Christian Vanneste se représentera bien dans la 10e circonscription du Nord, où il est bien implanté. Le député européen (UMP) Jacques Toubon devrait d'ailleurs venir le soutenir lors d'un meeting, le 21 mai. Face à lui, Christian Vanneste trouvera Najat Azmy, une "parachutée" du Parti socialiste.
Interrogé par Le Monde, Thierry Lazaro, secrétaire de l'UMP-Nord, justifie ce choix. "De facto, nous soutenons Christian Vanneste, investi par le CNI, car il a le soutien des militants locaux de l'UMP, du secrétaire départemental, etc., précise-t-il. Mon boulot, c'est l'équité, elle n'a pas toujours été respectée lors de son procès. Christian Vanneste est un homme de terrain, que nous jugeons sur son efficacité dans cette circonscription."
Anne Chemin et Geoffroy Deffrennes (à Lille)
Posté le 12.02.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/02/07/la-commission-mazeaud-est-confrontee-a-l-impossible-equation-des-quotas-d-immigres_1008548_823448.html
La commission Mazeaud est confrontée à l'impossible équation des quotas d'immigrés
LE MONDE | 07.02.08 | 13h05 * Mis à jour le 07.02.08 | 13h14
Un mois après que Nicolas Sarkozy l'a exhorté à "aller jusqu'au bout d'une politique de quotas", Brice Hortefeux s'exécute : jeudi 7 février, le ministre de l'immigration devait installer la commission chargée de réfléchir au "cadre juridique" de la nouvelle politique d'immigration voulue par le président de la République et "proposer, si cela apparaît nécessaire, les termes d'un projet de révision de la Constitution".
Dans la lettre de mission adressée à son président, Pierre Mazeaud, M. Hortefeux souligne qu'il est "exclu que soit défini un quota limitant le nombre des demandeurs d'asile". Mais, à des fins de "maîtrise globale de l'immigration en France", le ministre suggère que soit fixé chaque année un "nombre de migrants admis à entrer et séjourner en France, conformément aux besoins et aux capacités d'accueil de la nation".
A l'intérieur de cette catégorie serait défini un quota par "différentes composantes de l'immigration (professionnelle, familiale, estudiantine), avec l'objectif que l'immigration économique représente 50 % du flux global des entrées en vue d'une installation durable". Le contingent d'immigration économique serait lui-même réparti par grandes catégories professionnelles.
M. Hortefeux - qui s'était dit "très hostile à des quotas ethniques" - invite la commission à "étudier la possibilité de décliner ce quota global et ces quotas catégoriels selon les grandes régions de provenance des flux migratoires".
Lorsqu'il était ministre de l'intérieur, M. Sarkozy avait déjà souhaité instituer des quotas. Mais il s'était heurté aux réticences de Matignon. Face au risque d'une censure du Conseil constitutionnel, il avait renoncé à inscrire cet objectif dans sa loi de juillet 2006.
L'instauration de quotas par origine géographique se heurte en effet à de sérieux obstacles constitutionnels, notamment à l'article 1 de la Constitution, qui proclame le principe d'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race et de religion. Le Conseil constitutionnel, appelé en 1982 et 1999 à se prononcer sur l'idée de quotas par sexe, a déjà jugé la notion même de quotas contraire au principe d'égalité, qui concerne aussi bien les Français que les étrangers.
La Constitution française n'est pas le seul obstacle à l'instauration de quotas par origine. Ces derniers "se heurteraient aussi à l'article 13 du traité d'Amsterdam, qui combat toute discrimination fondée sur le sexe, l'origine, la religion", relève Catherine Wihtol de Wenden, du CERI-CNRS.
"COÛT INTERNATIONAL"
Des pays comme le Canada, les Etats-Unis, l'Italie ou l'Espagne fixent des contingents d'étrangers susceptibles d'être accueillis. Mais "plus aucune démocratie au monde ne recrute des immigrés en les hiérarchisant par zone géographique, observe l'historien Patrick Weil. Ce système a existé aux Etats-Unis de 1921 à 1965. Il a été aboli car les Etats d'origine protestaient. Instaurer de tels quotas aurait un coût international très élevé."
Même si l'idée d'une sélection par origine était écartée, les expériences étrangères mettent en évidence les limites d'une politique de quotas. L'Espagne et l'Italie ont expérimenté la mise en place d'un tel système. Confrontés à l'arrivée de milliers de clandestins, ces deux pays ont dû recourir à des régularisations massives.
L'Allemagne a abandonné cette méthode de régulation. En 2000, le gouvernement Schröder avait défini un programme pour recruter 20 000 informaticiens, mais l'objectif n'a jamais été rempli. "Ce ne sont pas les gouvernements qui décident des besoins des entreprises", relève Jean-Pierre Garson, de l'OCDE.
La commission Mazeaud sera confrontée à ces contradictions. Invitée aussi à réfléchir à une "simplification, voire une unification" du contentieux des étrangers, elle doit rendre ses conclusions avant la fin mai.
Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 08.02.08.
Posté le 12.02.2008 par cinqansdereflexions
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/01/24/le-porte-parole-du-ministere-de-l-interieur-est-un-ancien-militant-d-extreme-droite_1003116_823448.html#ens_id=995489
Le porte-parole du ministère de l'intérieur est un ancien militant d'extrême droite
LE MONDE | 24.01.08 | 13h54 * Mis à jour le 24.01.08 | 13h54
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En quête d'un porte-parole pour son ministère de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie a nommé au mois de janvier un ancien compagnon de route de l'extrême droite. Pour une part, le profil de Gérard Gachet, nouveau venu dans le paysage des porte-parole dont la mode se répand au gouvernement, répond aux canons actuels du genre : ancien journaliste, au Figaro, puis directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles de 2000 à 2007, chroniqueur sur I-Télé, il a été élu en 1983 conseiller du 19e arrondissement de Paris.
Mais, plus discrètement, il a aussi milité à l'extrême droite, au Parti des forces nouvelles (PFN) dans les années 1970, à partir du lycée Condorcet où il a étudié. "Un engagement de jeunesse, admet M. Gachet, comme d'autres ont été trotskistes, mais de l'autre côté. J'étais très motivé par 1968, la guerre du Vietnam et la détestation du communisme".
Créé en 1974, issu d'Ordre nouveau, le PFN fut, jusqu'en 1981, le principal rival du Front national et opta pour une stratégie radicalement différente en prônant des accords avec la droite. La plupart de ses cadres finirent par rallier le Centre national des indépendants et paysans (CNIP).
SANS COMPLEXE
L'engagement passé de M. Gachet lui vaut de figurer sur des sites Internet d'extrême droite qui n'hésitent pas à faire son "outing" - la plupart du temps en termes peu amènes.
Sur le blog Synthèse nationale, Roland Hélie, qui fut l'un des dirigeants du PFN, rend hommage au livre rédigé par M. Gachet, La France sans complexe paru en 2007 (éditions du Rocher). "Je connais Gérard Gachet depuis une trentaine d'années, écrit-il. Dans les années 1970, nous avons fréquenté pour ainsi dire la "même école" et il en reste toujours un petit quelque chose (...) Même si nous n'arrivons pas toujours aux mêmes conclusions, ses analyses et ses critiques sont toujours aussi pertinentes..."
Ce recueil de chroniques parues dans Valeurs actuelles, qui laissent une large place au thème de l'immigration, a nourri également le blog Sans complexe que M. Gachet a interrompu avec sa nomination place Beauvau.
Il publiera un nouvel essai au mois de mars, Mai 68, la grande arnaque (éditions Alphée), consacré à ses "victimes". Il assure pourtant : "Mes idées, mes opinions personnelles, je les mets entre parenthèses au ministère". Sa mission, Mme Alliot-Marie l'a ainsi définie : devenir la "voix qui représentera l'institution dans son ensemble, sous toutes ses facettes et toutes ses missions" telles que la police, les cultes ou bien encore l'outre-mer. Il devra "valoriser l'action du ministère (...) ou encore mettre en place une politique de communication", mais cette voix officielle, précise la place Beauvau, ne représentera ni la ministre, ni son cabinet.
Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 25.01.08.
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DECRYPTAGE
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/01/22/en-difficulte-dans-les-sondages-m-sarkozy-relance-le-theme-de-la-securite_1002078_823448.html#ens_id=995489
En difficulté dans les sondages, M. Sarkozy relance le thème de la sécuritéLE MONDE | 22.01.08 | 09h10 * Mis à jour le 22.01.08 | 09h15
Nicolas Sarkozy en banlieue parisienne ? La dernière image datait du 13 avril 2007, lorsque le candidat avait participé à une rencontre sous haute surveillance avec des habitants d'une cité de Meaux (Seine-et-Marne). Lundi 21 janvier, le chef de l'Etat a renouvelé l'exercice à Sartrouville (Yvelines) au cours d'une visite annoncée au dernier moment, sur le thème de la sécurité.
Ce déplacement, qui suit ceux de Sens (Yonne) et Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), vendredi et samedi, et précède celui de Pau et Bordeaux, mardi 22, s'inscrit dans une stratégie de reconquête de l'opinion. M. Sarkozy a analysé les sondages, qui le placent tous en baisse. Il a parlé avec ses conseillers qui lui conseillent de retrouver son style de candidat, et a décidé de repartir sur le terrain, après avoir semblé être plus préoccupé par son bonheur personnel que par ses promesses de campagne.
"Les Français ne sont pas déçus des résultats, veut se rassurer l'Elysée. Mais ils ne supportent pas ses escapades ensoleillés. Ils aiment le voir retrousser ses manches."
Le thème de la sécurité n'est pas choisi au hasard. Il lui permet, en s'appuyant sur des chiffres officiels de la délinquance en baisse (-3,6 %), de rechercher un clivage droite-gauche à deux mois des élections municipales, dont il veut faire un "enjeu national". Et de masquer l'absence de résultats tangibles sur le pouvoir d'achat.
"Le président est présent sur les thématiques que les Français veulent voir traitées, relève un proche. La sécurité peut aussi se décliner au plan local." Durant sa campagne, il avait utilisé la même tactique et tenté de ressusciter le clivage droite-gauche à chaque fois qu'il était en difficulté. Ainsi, en février et mars 2007, lorsque l'écart s'était réduit avec ses adversaires, il avait opportunément cherché un espace sur sa droite en prônant "la restauration de l'ordre" et "le ministère de l'immigration et de l'identité nationale".
"Sa conviction, c'est que les sujets régaliens sont ceux du président de la République, analyse un ministre. La justice, la sécurité et l'immigration sont des cordes de rappels." Pour sa part, un conseiller analyse : "Il ne faut pas relâcher la pression sur ses sujets et faire savoir régulièrement aux Français qu'on s'en occupe."
RETOUR AUX FONDAMENTAUX
A Sartrouville, entouré d'un service d'ordre important, le chef de l'Etat n'a pas prononcé le nom de Fadela Amara. Il s'est efforcé de maintenir l'équilibre entre la fermeté, symbolisée par la visite d'un système de vidéosurveillance municipal, et le dialogue, illustré par un échange avec des jeunes qu'il a assuré des bienfaits du futur plan banlieue : "Il y aura des mesures spécifiques pour les jeunes qui ont quitté l'école (...) car si vous n'avez pas de formation qualifiante, vous n'avez aucune chance de vous en sortir." Ce sera "donnant-donnant", a-t-il insisté.
Mais M. Sarkozy a aussi souligné l'amélioration du taux d'élucidation des délits par les policiers, et défendu les mérites de la loi sur les peines planchers pour sanctionner les récidivistes : "le premier droit de l'homme, c'est celui des victimes".
Ce retour aux fondamentaux du sarkozysme fait les affaires de Michèle Alliot-Marie, qui l'accompagnait à Sartrouville et devait se retrouver au côté du chef de l'Etat mardi à Pau et Bordeaux. Fort de ses bons résultats, elle entrevoit la possibilité de sortir du rôle subalterne où le chef de l'Etat l'avait confinée.
Annonçant, lundi, une reprise en main des GIR - les groupements d'intervention régionaux créés en 2002 pour lutter contre l'économie souterraine, elle a multiplié les "je" dans son discours. "J'ai décidé de mener un combat sans merci contre les trafiquants de drogue", a-t-elle affirmé.
Après la relance d'une police de proximité, perçue comme un couac de communication à l'Elysée, la volonté affichée de la ministre de l'intérieur peut apparaître comme le désir de s'imposer sur le terrain de prédilection du président. "MAM" joue sa survie. Pour conjurer les rumeurs, la ministre planifie, comme si de rien n'était, son agenda après les municipales, avec l'organisation, par exemple, d'une nouvelle "conférence de cohésion" dans le Val-d'Oise.
Luc Bronner, Isabelle Mandraud et Philippe Ridet